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Malawi. Il faut mettre un terme aux meurtres rituels de personnes atteintes d'albinisme

  Territoires palestiniens, Israël

Le meurtre d'une femme albinos au Malawi met en lumière l'incapacité du gouvernement à protéger le droit à la vie et à la sécurité de cette minorité vulnérable, a déclaré Amnesty International.

Le corps mutilé d'Eunice Phiri, une femme âgée de 53 ans atteinte d'albinisme, a été découvert le 28 janvier dans le parc national de Kasungu. Ses bras avaient été coupés, une pratique courante dans les meurtres rituels de personnes albinos, tuées en vue de vendre des parties de leur corps utilisés en sorcellerie.

« Il est inquiétant que la sécurité des personnes atteintes d'albinisme ne soit pas renforcée au Malawi, alors qu'elles sont la cible d'un nombre croissant d'attaques, a déclaré Deprose Muchena, directeur d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Les obligations du gouvernement en termes de droits humains lui imposent de protéger le droit à la vie de chaque citoyen. Il doit faire en sorte que la police dispose des ressources nécessaires pour protéger les personnes risquant d'être attaquées. »

Ces crimes doivent faire l'objet d'enquêtes en vue de traduire en justice les responsables présumés, sans recourir à la peine de mort.

En 2015, des militants au Malawi ont signalé 45 faits, dont des homicides et des tentatives d'homicide, des enlèvements et des tentatives d'enlèvement, ainsi que la profanation de tombes d'albinos. Certaines victimes d'enlèvement n'ont jamais été revues depuis.

Le nombre d'agressions imputables à des personnes ou à des bandes visant des personnes atteintes d'albinisme a grimpé en flèche en 2015. Des familles ont retiré leurs enfants de l'école, craignant pour leur sécurité.

En novembre 2015, des chercheurs d'Amnesty International ont rencontré des personnes atteintes d'albinisme et leurs familles. Elles ont raconté vivre dans la peur constante des agressions et des violences. Certaines ont dû quitter des zones rurales pour s'installer en zone urbaine afin de se mettre en sécurité.

« Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates afin de protéger les personnes atteintes d'albinisme et de s'attaquer aux causes profondes des violences et des discriminations qu'elles subissent, a déclaré Deprose Muchena.

« Il doit aussi agir et lutter contre les superstitions et les croyances culturelles délétères qui alimentent ces attaques. »

Complément d'information

Selon des informations de la police, Eunice Phiri a été piégée par trois hommes, dont son frère, qui lui ont demandé de les accompagner en voyage en Zambie, à travers le parc national de Kasungu, où elle a été tuée et démembrée le 23 janvier 2016.

Des croyances erronées et des superstitions mettent en danger la vie et la sécurité des personnes atteintes d'albinisme, qui risquent d'être victimes de meurtre, d'enlèvement et de mutilations notamment.

Dans une déclaration publiée le 19 mars, le président du Malawi Peter Mutharika a condamné les agressions contre les albinos et a appelé les services de police à arrêter les auteurs présumés de ces actes et à protéger les personnes exposées.

Même si la police a procédé à quelques arrestations, des préoccupations demeurent quant aux défaillances des enquêtes et quant aux sentences prononcées contre certains accusés qui ne correspondaient pas à la gravité du crime.

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