Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres... OK

228039_the_remains_of_the_body_of_a_uk-manufactured_bl-755_aircraft_bomb_in_hajjah_in_northern_yemen.jpg

Plus de 28 milliards de dollars sont investis dans des entreprises qui produisent des bombes à sous-munitions interdites sur le plan international

Malgré l'interdiction internationale des armes à sous-munitions, 158 institutions financières ont investi plus de 28 milliards de dollars dans sept producteurs d'armement entre le 1er juin 2012 et le 8 avril 2016, selon un rapport publié aujourd'hui. La Coalition contre les armes à sous-munitions, dont Handicap International et Amnesty International sont membres, appelle ces institutions financières et les gouvernements à en finir, une fois pour toutes, avec les investissements dans les entreprises productrices de bombes à sous-munitions.

Le rapport "Worldwide Investments in Cluster Munitions : a shared responsibility" est publié par PAX (Pays-Bas), un membre de la Coalition contre les armes à sous-munitions.


" Les institutions financières doivent arrêter de tourner le dos aux conséquences létales de leurs investissements " a déclaré Branislav Kapetanovic, Ambassadeur de la Coalition contre les armes à sous-munitions qui a survécu à l'explosion d'une bombe à sous-munitions, seize ans auparavant. " Les armes à sous-munitions sont utilisées au Yémen et en Syrie, causant de nombreuses victimes civiles, notamment des femmes et des enfants. Toutes les banques et institutions financières doivent interdire les investissements dans les entreprises qui produisent ces armes qui ciblent sans discrimination ", a ajouté Kapetanovic.

China Aerospace Science and Industry, China Aerospace Science and Technology, Norimco (Chine), Hanwha et Poongsan (Corée du Sud), Orbital ATK et Textron (États-Unis) sont signalés comme des producteurs d'armes à sous- munitions qui ont reçu 28 milliards de dollars d'investissements.


" Il est absolument révoltant qu'autant d'institutions financières n'aient aucun scrupule à investir dans des entreprises qui produisent des armes à sous-munitions. Cependant, il est positif de noter que le nombre d'institutions financières avec une politique d'interdiction des investissements dans les armes à sous-munitions a augmenté. Nous félicitons ces institutions financières pour l'arrêt de leurs investissements et encourageons les autres institutions de faire de même, " a déclaré Suzanne Oosterwijk, co-auteure du rapport de PAX.

De plus, Singapore Technologies Engineering a annoncé publiquement en 2015 l'arrêt de sa production d'armes à sous- munitions.

Un type d'arme à sous-munitions produit par Textron a été utilisé par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen depuis mars 2015, selon les recherches de Human Rights Watch et d'Amnesty International. Le 27 mai 2016, les États-Unis ont stoppé le transfert de ces armes CBU-105 amorcées par capteur à l'Arabie saoudite, à cause de préoccupations face à l'utilisation d'armes à sous-munitions dans et près des zones peuplées par des civils.

En 2015 et 2016, 91% des victimes d'armes à sous-munitions au Yémen étaient des civils, y compris des démineurs. Parmi les victimes civiles, au moins 22% étaient des enfants.

Les 158 institutions financières proviennent de 14 pays. La majorité de ces institutions financières (138) sont basées dans des pays qui n'ont pas rejoint la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008. Parmi celles-ci, 74 sont basées aux États-Unis, 29 en Chine, et 26 en Corée du Sud. Cependant, 20 institutions financières ayant investi dans des producteurs d'armes à sous-munitions proviennent de pays qui ont rejoint la convention : Allemagne, Canada, Espagne, France, Japon, Royaume-Uni et Suisse.

" Le but principal de la Convention sur les armes à sous-munitions est de mettre fin aux souffrances causées par ces armes," a déclaré Megan Burke, directrice de la Coalition contre les armes à sous-munitions. " Nous appelons les sept pays membres de la convention, précédemment nommés à interdire tout investissement dans des entreprises productrices d'armes à sous-munitions et à respecter leurs obligations au titre de la Convention, " a ajouté Burke.

À ce jour, 10 pays ont mis en place des législations qui interdisent l'investissement dans les armes à sous-munitions (Belgique, Espagne, Irlande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Samoa et Suisse). L'Espagne est le dernier pays à avoir promulgué une loi interdisant le financement des armes à sous-munitions, au milieu de l'année 2015.

Un total de 119 pays ont signé, ou ont adhéré à la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008, qui interdit l'usage, la production, le transfert et le stockage d'armes à sous-munitions, ainsi que l'assistance dans la réalisation de ces activités. La Convention exige également la décontamination des zones touchées par les restes des armes à sous-munitions et l'assistance aux victimes de ces armes.

Les membres de la Coalition contre les armes à sous-munitions en Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, États- Unis, France, Italie, Japon, Liban, Luxembourg, Pays-Bas, Suède, Suisse et Vietnam, entre autres, passent à l'action pour " Arrêter les investissements explosifs ".

  Related articles

Genève. Alors que le commerce mondial des armes est en plein essor, des États donnent le feu vert à des accords irresponsables et nuisibles

  11.9.2017

Des diplomates se rencontrent à Genève pour débattre du Traité historique sur le commerce des armes. Plusieurs pays enfreignent sans doute les obligations du traité en concluant des accords irresponsables. Le Royaume-Uni, la France et l'Italie comptent parmi les États qui fournissent des armes à des gouvernements responsables d'atteintes aux droits humains.

Myanmar. La réaction officielle des autorités face à la crise dans l'État d'Arakan est « inadmissible »

  7.9.2017   Myanmar [Birmanie]

La déclaration du bureau de la dirigeante du pays, Aung San Suu Ky, selon laquelle le gouvernement défend toutes les personnes dans l'État d'Arakan « de la meilleure manière possible » est inadmissible, a déclaré Amnesty International le 6 septembre 2017.

L'ANASE doit se mobiliser afin de faire face à la crise des Rohingyas

  6.10.2017   Myanmar [Birmanie]

Les dirigeants de l'Asie du Sud-Est doivent prendre de toute urgence des mesures afin de remédier aux graves violations des droits humains dont sont victimes les Rohingyas au Myanmar, écrit Amnesty International dans une lettre adressée au président de l'Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

La face cachée des voitures électriques : l'exploitation par le travail

  28.9.2017   Congo , Royaume-Uni

Le gouvernement écossais a récemment annoncé son intention d'éliminer, d'ici 2032, les véhicules essence et diesel. D'ici 2040, les seules voitures qui circuleront sur les routes du Royaume-Uni seront également électriques, et les bornes de recharge auront remplacé les stations d'essence. Aux États-Unis, Elon Musk a annoncé le lancement de sa Tesla Model 3, dont il espère bien faire la première voiture électrique grand public du monde.