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Plus de 100 ONG demandent aux leaders européens de rejeter le plan d'action pour l'immigration

L'Union européenne (UE) s'apprête à ouvrir un sombre chapitre de son histoire, si elle adopte le projet de la Commission européenne sur la migration, a déclaré une coalition regroupant plus de 100 ONG lundi 27 mai. En s'orientant vers une politique étrangère au service d'un seul et unique objectif, à savoir endiguer la migration, l'UE et ses États membres risquent de compromettre encore leur crédibilité et leur autorité en matière de défense des droits humains, ont déclaré les organisations. Elles invitent les dirigeants européens à rejeter le plan d'action de la Commission qui cimenterait cette politique, faisant de la dissuasion et du renvoi des migrants le principal objectif de la relation entre l'UE et les pays tiers.

Le plan d'action propose de se servir des financements liés à l'aide et au commerce notamment pour encourager les États à réduire le nombre de migrants qui atteignent les côtes européennes. Présenté par la Commission au début du mois de juin, il sera débattu par les chefs d'État et de gouvernement européens lors du sommet de l'UE à Bruxelles cette semaine. Il est inspiré de l'accord UE-Turquie qui bloque des milliers de personnes en Grèce dans des conditions inhumaines et dégradantes. Les mineurs sont particulièrement touchés, des centaines de mineurs non accompagnés étant placés dans des structures de détention fermée ou contraints de dormir dans des cellules aux postes de police.

Selon la coalition composée de 104 organisations humanitaires, médicales, de droits humains, de migration et de développement, l'Europe risque de torpiller sa politique étrangère en matière de droits humains et de saper le droit à l'asile à l'échelle internationale. Aucune garantie n'est envisagée pour assurer le respect des droits fondamentaux, des normes relatives à l'état de droit et des mécanismes de protection lorsque l'UE conclut des accords avec des gouvernements en vue de stopper la migration vers l'Europe. Aussi le risque est-il grand de bafouer le droit international, qui interdit de renvoyer des personnes vers des pays où elles risquent de subir des violations. " La responsabilité en matière de violations des droits humains ne s'arrête pas aux frontières de l'Europe ", peut-on lire dans la déclaration.

Par ailleurs, la proposition débattue ne prend pas en compte les éléments qui démontrent que les stratégies de dissuasion visant à endiguer les flux migratoires sont inefficaces. L'approche actuelle de l'UE ne permettra pas de briser le " modèle économique " mis en place par les passeurs, et sera synonyme de souffrances accrues, les migrants se retrouvant contraints d'emprunter des itinéraires encore plus dangereux vers l'Europe.

La coalition d'ONG redoute que la proposition de la Commission ne se traduise par une réorientation en bloc de l'aide destinée au développement vers le contrôle de la migration. " C'est en totale contradiction avec l'engagement de l'UE de mettre la coopération en matière de développement au service de l'éradication de la pauvreté ", peut-on lire dans la déclaration.

Les organisations font savoir que le fait de conclure des accords sur la " gestion des flux migratoires " avec des pays où sont commises de graves violations des droits humains sera contre-productif à long terme. De tels accords " saperont les droits humains à travers le monde et perpétueront le cycle de violence et de répression qui pousse tant de personnes à fuir ", font-elles valoir.

Les ONG invitent les leaders européens à rejeter le plan d'action de la Commission sur la migration. Ils doivent au contraire élaborer une stratégie durable, à long terme, en vue de gérer les flux migratoires. " L'UE, projet édifié sur les ruines d'une guerre dévastatrice, est sur le point d'écrire un sombre chapitre de son histoire ", affirment les organisations dans leur déclaration conjointe.

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